L'étude en Santé Mentale



1-Situation :

A-La santé mentale en Mauritanie

Les activités du service sont constituées par :
Les consultations : chaque jour 30 à 50 malades sont accueillis, dont 10 à 15 nouveaux cas.
L’hospitalisation : elle peut varier de 16 à 50 patients avec l’introduction des tentes, le patient est toujours accompagné par sa famille pendant l’hospitalisation.

A noter que neurologie et psychiatrie sont confondues et que les patients accueillis sont des adultes mais aussi des enfants. Parmi ces patients 93% appartiennent à la communauté Maure et Pulaar.

La vie à l’intérieur du service ressemble à la vie d’un campement. Par comparaison au système asilaire, il y a lieu de s’en féliciter. En dix ans, nous avons totalisé 16 728 consultations, 2 369 hospitalisations,  et 1 843 consultants ».


« Le manque de moyens matériels et humains n’a pas permis au service de psychiatrie d’étendre ses activités qui sont presque toutes concentrées à NOUAKCHOTT. C’est pourquoi il est nécessaire de former psychiatres, infirmiers spécialisés, psychologues, assistants sociaux… ».

Le ministère de la Santé décide, en 1984 la construction du Centre  Neuropsychiatrique de NOUAKCHOTT, dit « CNP ».

L’ouverture aura lieu en 1994, date de la livraison de l’équipement. Pendant cette période, les malades continuent d’être accueillis à l’hôpital général.

B-Bilan actuel

La capacité d’accueil actuelle est de 70 à 80 lits.
L’hôpital se compose de :

- 3 bâtiments de psychiatrie et 1 bâtiment de neurologie avec une salle de kinésithérapie ;
- 1 bâtiment administratif avec une bibliothèque, des bureaux, un secrétariat, et une salle de cours ;
- Le bâtiment de consultations externes, où se situent également les explorations avec les EEG et EMG, les archives, le laboratoire, la radio ; le scanner est à part.
- Puis, sont regroupées dans un autre bâtiment, la cuisine, la buanderie, la pharmacie, et aussi un  local pour le groupe électrogène ;
- Des logements de fonction au nombre de trois se situent également dans l’enceinte du CNP.

Les moyens

1-Les soignants : 2 psychiatres, 2 neurologues, 3 médecins généralistes, 9 techniciens supérieurs, 2 psychologues ;
2-Les services généraux : une vingtaine de personnes assurent l’entretien dont un 1 technicien biomédical pour la maintenance  des appareils ;
3-Le personnel administratif et technique se compose d’un directeur, un surveillant général, un gestionnaire, un attaché de direction, un chef du personnel, un comptable, des secrétaires et un personnel de recouvrement.

Le fonctionnement

L’activité : 9 à 10 000 patients suivis  dont la moitié environ de nouveaux cas : 600 patients hospitalisés par an pour 50 lits de psychiatrie + 30 lits de neurologie ;

C- Les unités d’Hospitalisation :

Elles sont au nombre de 2, de 25 lits chacune, depuis la fin des travaux de réhabilitation.
Par unité : 4 chambres à 1 place, 4 chambres à 2 places, 5 chambres à 3 places. Dans chacune de ces chambres vivent aussi les accompagnants, ce qui dans les chambres à 3 lits, pose problème.

Le personnel : Pour les 2 unités, l’équipe (en effectif théorique) se compose de  temps médicaux (répartis entre les consultations et les hospitalisations), 4 techniciens supérieurs de Santé Mentale, 5 infirmiers, 3 garçons de salle, 1 psychologue, 1  assistant social.
Les repas sont préparés par une cuisine centrale (3 repas par jour), mais les familles préparent également des repas.

L’articulation avec le reste du dispositif : les antennes de Santé mentale

A titre indicatif, nous évoquons ici l’expérience de la polyclinique de NOUAKCHOTT, et celle de KAEDI, il est important de souligner que jusqu’en 2007, il n’y avait pas de soin en santé mentale à NOUHADIBOU,capitale économique de la Mauritanie .

L’antenne de la polyclinique de NOUAKCHOTT

Il s’agit d’un autre mode d’organisation intégrée dans une structure de soins généraux, comprenant des consultations de médecine générale, pédiatrie, gynécologie obstétrique…
Cette antenne est  essentiellement tournée vers les soins ambulatoires, consultations et visites à domicile.
Elle a débuté en janvier 2002, et depuis cette date, 671 patients ont été pris en charge.
Les consultations sont assurées par 2 techniciens supérieurs sous la supervision d’un psychiatre, les suivis à domicile sont assurés dans un certain nombre de cas pour les malades opposants aux soins et qui refusent l’hospitalisation. Les soins per os ou par voie parentérale (IM-perfusions) sont organisés en fonction des indications, à domicile.

La communication entre les différents intervenants (les familles, les usagers, les techniciens supérieurs et le psychiatre) est assurée par téléphone, ce qui facilite les suivis, les supervisions des soins et rassurent usagers, familles et soignants. Cette communication se fait même sur des grandes distances entre les régions.

A NOUADHIBOU, jusqu’en 2007, il n’existait aucun dispositif de prise en charge pour les patients souffrant de troubles psychiques.
Sous l’impulsion du Dr Ould Hamady, s’est mise en place une première consultation en psychiatrie effectuée alternativement une fois par mois, par le Dr Ould Hamady, lui-même ou par des techniciens supérieurs de santé.


2- L’enquête, « La santé mentale en population Général »

Objectifs généraux

Cette enquête est réalisée par L'Association Septentrionale d'Épidémiologie Psychiatrique (ASEP), avec le concours du Département d'Information et de Recherche Médicale (DIRM) de l'EPSM Lille Métropole et le Centre Collaborateur de l'Organisation Mondiale de la Santé pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS).

Elle a reçu le soutien financier du Ministère français des affaires étrangères, du Ministère français de la Santé, de l'OMS Genève (programme "Nations pour la santé mentale"), du bureau local de l'OMS à Moroni (Grande Comore), du bureau local de l'OMS à Antananarivo (Madagascar), du "Health System Research for Reproductive Health and Health Care Reforms in the Eastern and Southern African Region" (Harare, Zimbabwe), de la DRASS du Nord Pas de Calais, des Agences Régionales d'Hospitalisation d'Ile de France et de La Réunion.

Elle a été réalisée grâce au soutien logistique de tous les établissements publics de santé impliqués dans l'enquête et à la participation des équipes d'enquêteurs et de superviseurs dans tous les sites d'enquête.

L'enquête a reçu l’aide scientifique et méthodologique de N. QUEMADA (CCOMS, Paris), J. BENOIST (Laboratoire d’écologie humaine et d’anthropologie, Aix en Provence), G. BIBEAU (Université de Montréal), Y. LECRUBIER (INSERM), J.P. VIGNAT (Groupe Français d'Epidémiologie Psychiatrique, GFEP), G. BADAYAN (Direction Recherche Etudes Evaluations et Statistiques, DREES, Ministère français de la santé) et de R. DANG (INSEE, Lille).
C’est une recherche action ; elle permet non seulement de recueillir un certain nombre de données mais aussi de concevoir des actions d’information et de déstigmatisation sur le terrain auprès d’un large public.


Les Objectifs Principaux
1.    axe socio-anthropologique : décrire les représentations de la "folie", la "maladie mentale", la "dépression" et des modes d’aides et de soins : les IMAGES ;
2.    axe épidémiologique : évaluer la prévalence des principaux troubles mentaux dans la population générale : la REALITE.


Les Objectifs Secondaires  
1.    former des acteurs de terrain ;
2.    sensibiliser les partenaires sociaux, administratifs et politiques aux problèmes de santé mentale ;
3.    promouvoir l’instauration d’une psychiatrie communautaire, selon les recommandations de l'OMS.

 Objectifs spécifiques pour le site de Nouakchott
1.    l’intégration des soins de santé mentale aux soins de santé primaire ;
2.    la promotion d’une Psychiatrie communautaire fonctionnant en réseau par le développement des échanges entre différents partenaires.

 Le questionnaire : un même outil utilisé par tous les sites
1.    questionnaire socio anthropologique ;
2.    questionnaire diagnostique structuré – Mini International Neuropsychiatric Interview (MINI, Lecrubier & Sheehan);
3.    fiche complémentaire ;
4.    questionnaire sociodémographique ;
5.    durée moyenne de passation : 45 minutes.

Pour le site de Nouakchott
1.    traduction en 4 langues (Hassania, Pulaar, Soninké, Wolof) selon la méthodologie recommandée par l’OMS (double traduction, test, saisie, reprographie) ;
2.    l’échantillonnage:
3.    les mêmes contraintes pour tous les sites : choix de la zone d’enquête, taille de l’échantillon, choix d’une méthode d’échantillonnage, garantie de la représentativité ;
4.    pour le site de Nouakchott : 891 questionnaires validés, méthode des grappes (tirage des districts de recensement).

Quelques résultats…

Troubles mentaux dans la population générale : (réf.  Enquête multicentrique sur la santé mentale en population générale - nktt /2003)

1.    Présence d’au moins un trouble :     34 % ;
2.    Dépression :                      16 % ;
3.    Troubles anxieux :    20 % ;
4.    Troubles psychotiques :     2,4 % ;
5.    Absence de données en Neurologie dans la population générale

Représentations: Elles concernent principalement le fou et le Malade Mental, elles sont très négatives et rejoignent celles de l’Algérie et de la Tunisie (dangerosité, exclusion, souffrance de la famille et place de la famille, rôle des tradithérapies).

3- Recours aux soins,

Dr AHMED OULD HAMADY (Directeur, CNP, Nouakchott)
Plus de 85% des nouakchottois pensent qu’il faut soigner un « fou », un « malade mental » ou un « dépressif » même s’ils ne le veulent pas.
Les pratiques magico-religieuses sont le premier recours envisagé pour le « fou ». Il existe une référence forte à la « psychothérapie », surtout pour le « malade mental » et le « fou ». Environ 30% des personnes interrogées déclarent qu’elles iraient voir le psychiatre, si elles ne se sentaient pas bien dans leur peau.
L’hospitalisation et les traitements médicamenteux sont peu cités comme recours pour le « fou » le « malade mental » ou le « dépressif » (16% et 10% maximum).
La place de la famille est considérée comme importante dans la prise en charge. La solidarité familiale est perçue comme forte vis à vis du « fou » du « malade mental » et du « dépressif ».
Plus de 90% de la population pense qu’un « fou »,un « malade mental », un « dépressif » peuvent guérir.
La majorité des nouakchottois pense que le « dépressif » peut guérir seul et sans médicament.

4- Prévalence des troubles,

Dr OUSMANE SALL, Psychiatre, CNP Nouakchott

AVERTISSEMENT : Les chiffres de prévalences présentés sont recueillis grâce à un questionnaire de dépistage. Ils sont concordants avec les chiffres d’autres enquêtes épidémiologiques internationales et de l’OMS.
Des analyses complémentaires sont en cours pour affiner ces premiers résultats.

A-Echantillon :

- 891 personnes interrogées, représentatives de la population de Nouakchott (selon le sexe, l’âge, la catégorie socio-professionnelle, le niveau  éducation et la langue)

- 299 (35%) des personnes interrogées présentent au moins un trouble psychique identifié par le MINI (questionnaire de dépistage diagnostique psychiatrique)
 
Trouble psychique = troubles anxieux, troubles de l’humeur (dépression), troubles d’allure psychotique. (Les troubles liés à la consommation d’alcool ou de drogues ont obtenus des prévalences nulles.)

Répartition des principaux troubles psychiques à Nouakchott

Au moins 1 trouble psychique : 35%
Troubles Anxieux : 20%
Troubles de l’humeur : 19%
Troubles d’allure psychotique : 2,4%

Au total, plus du tiers de la population de plus de 18 ans présente au moins un trouble psychique repéré par le questionnaire diagnostic MINI. Des analyses complémentaires sont en cours pour compléter ces premiers résultats.


Les personnes mariées et celles entre 30 et 49 ans, sont plus exposées à l’anxiété généralisée.
Les femmes, les personnes mariées et les personnes de 40-49 ans sont plus exposées à la dépression.

Il serait intéressant d’évaluer les troubles chez les enfants et les adolescents.
Au vu de ces résultats, des mesures urgentes en matière de promotion de la santé mentale et de recours aux soins sont nécessaires.

B-Partenariats et financeurs :

La réalisation de l’enquête « La santé mentale en population générale : images et réalités » et l’organisation des premières rencontres internationales sur la santé mentale en Mauritanie, ont été possible grâce à l’aide et au soutien des institutions et organismes suivants :

Au niveau national
-    Le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales
-    L’institut Médico-Educatif de Sebkha
-    Association mauritanienne pour la promotion des handicapés mentaux
-    Association mauritanienne pour la santé de la mère et de l’enfant
-    La ligue mauritanienne pour l’épilepsie
-    L’hôpital militaire de Nouakchott
-    La communauté urbaine de Nouakchott
-    L’office national des statistiques
-    L’université de Nouakchott

Au niveau international
-    L'Etablissement Public de Santé Mentale Lille Métropole (CCOMS, Lille France)
-    Le bureau de l’OMS Mauritanie
-    La banque Mondiale
-    Le Bureau de coopération et d’Action culturelle (Ambassade de France – Nouakchott)
-    Le Bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique (OMS-AFRO)
-    L’UNICEF (Bureau de Mauritanie)
-    ARPSYDEMIO 3-2 (Marseille)
-    L’association septentrionale d’épidémiologie psychiatrique (ASEP, France)
-    Le Centre hospitalier Ste Anne (Paris, France)
-    La coopération espagnole
-    Le Centre hospitalier Edouard Toulouse (Marseille)
-    Le FNUAP (Bureau de Mauritanie)
-    La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du Ministère français de la Santé (Drees)
-    L’université d’Alger (CHU Cheraga)
-    Le Consul Honoraire de Belgique (Nouakchott)
-    Le PNUD

5- Des projets innovants, en santé mentale :

A-En ce qui concerne l’organisation des services de Santé Mentale, les principales recommandations de l’OMS sont les suivantes :
1.    intégrer les services de Santé Mentale dans les systèmes de soins de Santé généraux ;
2.    mettre en place dans les communautés des services réglementaires et des services informels ;
3.    promouvoir la désinstitutionalisation et la concrétiser.

Pour cela, un certain nombre de décisions fonde une politique de qualité en Santé Mentale :

1.    traiter les troubles au niveau des soins primaires ;
2.    assurer la disponibilité des psychotropes ;
3.    soigner au sein de la communauté ;
4.    éduquer le grand public et associer les communautés, les familles et les usagers ;
5.    adopter des politiques, des programmes et une législation au niveau national
6.    développer les ressources humaines ;
7.    établir des liens avec d’autres secteurs ;
8.    surveiller la santé mentale des communautés ;
9.    soutenir la recherche.

La Mauritanie s’inscrit dans ces différentes recommandations, et le projet proposé ici s’inspire de ces préconisations.

- Un projet de qualité en  santé mentale pour la population de NOUADHIBOU : Le programme de renforcement de la prise en charge des personnes atteintes de psychoses dans la wilaya de NOUADHIBOU
 
Cette expérience pilote a été conçue, au vu des besoins de la population de la ville de Nouadhibou, capitale économique de la Mauritanie, dans le domaine de la prise en charge de la schizophrénie.

Le centre Neuro psychiatrique de Nouakchott(CNP) représentant le Ministère de la Santé de Mauritanie, et le groupe SANOFI –AVENTIS sont les partenaires de la mise en place de ce projet, le Dr Ahmed Ould HAMADY en est l’organisateur et le coordinateur.

Ce projet, partie intégrante du programme national de santé mentale, associera des actions de sensibilisation des responsables communautaires, administratifs et politiques, une information de la population, une formation initiale et continue des professionnels de santé et un approvisionnement régulier en médicaments antipsychotiques de qualité.

L’impact de cette expérience sera évalué grâce à un protocole scientifique rigoureux, il servira ainsi d’outil décisionnel pour la généralisation ou non de l’expérience pilote aux autres Wilayas de Mauritanie.
L’élaboration de ce protocole a été réalisée sous l’égide d’un comité scientifique international

Les psychoses, et en particulier la schizophrénie, sont cause de souffrances importantes pour les populations concernées car elles sont souvent associées à la stigmatisation et à l’exclusion. Le plus souvent, notamment dans les pays émergents, les populations n’ont pas conscience qu’il s’agit d’une maladie et associent les symptômes à un sort, une malédiction, voire une punition divine. Ces croyances erronées ajoutent aux difficultés de prise en charge liées à la chronicité et à l’intrication de dimensions médicales sociétales et économiques.

La Banque Mondiale a élaboré des recommandations, afin d’améliorer l’impact des interventions mises en place de par le monde. Ses experts estiment que l’utilisation des antipsychotiques de première génération dans un système de soins communautaires pourrait améliorer d’un facteur deux ou trois, selon les régions, le nombre de DALYs * évités, pour un coût similaire.
Enfin le coût d’un traitement chronique par antipsychotique est souvent inabordable pour les populations les plus démunies

En quoi consiste cette enquête ?

Il s’agira d’évaluer l’impact d’un programme de renforcement de la prise en charge des personnes atteintes de psychoses dans la wilaya de Nouadhibou, Mauritanie, grâce  à un recueil de données, dans un dossier patient individualisé, pendant 3 ans.

Elle se déroulera en plusieurs phases,


B-Première phase de l’enquête : elle représente l’évaluation de la situation initiale et dure 1 mois du  15 Mai 2009 au ? juin 2009

L’objectif est d’estimer le nombre d’habitants de la région de Nouadhibou (adultes et enfants de plus de 15 ans) souffrant de psychoses et  pris en charge régulièrement.

Les données recueillies consistent à déterminer :
●le nombre de patients psychotiques dans la file active des patients suivis à Nouadhibou ;
●le nombre de patients psychotiques suivis pour leur psychose.


Deuxième phase de l’enquête : le registre

Durée 3 ans
Cette enquête concerne des patients de plus de 15 ans de sexe masculin ou féminin, présentant un trouble psychotique non pris en charge régulièrement

375 dossiers doivent être inclus dans l’étude, cette période d’inclusion doit être réalisée dans une période de 9 mois environ.

Il s’agit d’une enquête prospective de type « registre », se déroulant dans le cadre des pratiques médicales habituelles chez des patients présentant des troubles psychotiques.
Les patients seront inscrits sur le registre le jour de la consultation. Chaque soignant observateur inclura de façon consécutive, tous les patients répondant aux critères de sélection, durant les trois années du programme.
Les patients, pour lesquels un diagnostic de psychose est suspecté, seront vus en consultation sur place par des psychiatres qui confirmeront ou infirmeront le diagnostic.
L’objectif principal est le suivant :
Décrire les modifications de la prise en charge des patients psychotiques, en terme de nombre de patients pris en charge (en proportion du nombre de patients estimés), suite à la mise en place de l’expérience pilote de Nouadhibou.

Les objectifs secondaires consistent à décrire :

    la corrélation entre les diagnostics des MG et des psychiatres et son évolution dans le temps ;
    la corrélation entre les prescriptions des MG et des psychiatres, et son évolution dans le temps ;
    la corrélation entre le diagnostic des MG et leur prescription ;
    l’évolution du nombre et de la durée des hospitalisations, ainsi que la proportion d’hospitalisations sous contrainte ;
    l’évolution du nombre d’actes médicaux légaux ;
    les modalités de prescriptions des antipsychotiques ;
    l’observance du traitement antipsychotique ;
    l’évolution de la sévérité de la maladie ;
    l’itinéraire de soins ;
    l’évolution de l’insertion sociale et familiale ;
    l’évolution du fonctionnement global ;
    et à identifier les facteurs de succès de la prise en charge.


Quels seront les acteurs de ce projet pilote ?

L’enquête  sera proposée à l’ensemble des soignants travaillant à  l’antenne psychiatrique de Nouadhibou et aux soignants du Centre Neuropsychiatrique de Nouakchott effectuant des vacations à Nouadhibou, c'est-à-dire les Médecins Généralistes, les Techniciens Supérieurs de Santé, les Infirmiers, et les Médecins Psychiatres. 6 soignants au total volontaires, seront les acteurs de ce projet.

6- Un atelier thérapeutique, pour NOUAKCHOTT et NOUHADIBOU

Les ateliers thérapeutiques représentent deux centres de santé mentale intermédiaires pilotes, à NOUAKCHOTT et à NOUADHIBOU, associant professionnels, usagers et familles.

A-Les principes

Il s’agit d’introduire dans le dispositif d’accueil et de soin en santé mentale, des structures intermédiaires entre les unités d’hospitalisation à temps complet et les consultations ambulatoires.

Ainsi, les patients atteints de pathologies au long cours pourraient, tout en restant dans leur famille, bénéficier de soins de journée.

Il s’agit d’une hospitalisation  dite «  à temps partiel », c'est-à-dire un accueil et des soins de jour pour des malades stabilisés présentant une pathologie mentale au long cours (principalement la schizophrénie), sous la supervision du chef de service en psychiatrie.

Un atelier thérapeutique intermédiaire représente la possibilité pour un patient souffrant de troubles psychiques sévères, de sortir de son isolement et de venir rencontrer d’autres usagers, comme lui avec la présence de personnels soignants et de familles qui dynamiseront un tel lieu. Le but est de réinsérer socialement et si possible à terme professionnellement.

B-Le projet

Il consiste à proposer des activités thérapeutiques, à visée d’éveil et de resocialisation : groupe de paroles, de lecture, activités ludiques, activités culturelles, écoute musicale cours d’alphabétisation, informatique…. sur indication des différents thérapeutes, consultant dans les structures de soin du dispositif.
Les soins proposent, grâce à une médiation représentée par  l’activité, un support relationnel facilitant le retour à la communication et à l’échange.

Les locaux : une maison, c’est à dire un local agréable et accueillant, où les patients se sentent bien, et où ils viennent avec plaisir, sortant ainsi de leur isolement, et de leur repli.

7- Les partenaires, conditions de faisabilité du projet

Ces différents  projets sont complémentaires, la formation qui est essentielle pour sensibiliser et apporter de réelles compétences à tous les futurs infirmiers mauritaniens, la formation continue des techniciens supérieurs, et la création des deux ateliers thérapeutiques qui nécessite elle aussi un volet formation.
La formation peut être assurée par des acteurs de terrain qui sont prêts à s’engager dans ce projet. Ces acteurs sont les suivants :

Pour MARSEILLE
-  Docteur Dolorès Lina TORRES, Psychiatre, Chef de Service à Marseille ;
-  Madame Laurence KURKDJIAN Psychologue clinicienne ;
-  Madame Mireille BRUN, Infirmière diplômée d’état exerçant actuellement en CMP ;
-  Madame Martine PICHARD, Cadre Infirmier en IFSI à Marseille ;
- Madame Marielle CHEVALIER, Monitrice Educatrice à Marseille, plus spécifiquement pour le projet d’ateliers thérapeutiques.
Pour LILLE
- Docteur Jean Luc ROELANDT Psychiatre, Chef de Service à Lille

Pour BARCELONE
- Docteur Miquel GAZOL Psychiatre, Chef de Service à Barcelone

Pour SEVILLE
- Docteur Luis FERNANDEZ  de la Fondation FAISEM
Leur détachement pour ces missions s’effectue dans le cadre des missions humanitaires prévues par leur statut.

Les  ateliers thérapeutiques comportent plusieurs volets pour leur réalisation :
1.    les locaux ;
2.    la formation du personnel ;
3.    son recrutement et sa rémunération.

Les actions de formation pour les infirmiers et les techniciens supérieurs représentent une autre partie du projet.

Des fiches techniques de faisabilité pour chacun de ces projets sont en annexes.


8-Evaluation,

A - Evaluation des missions

L’évaluation de chaque objectif se fera au travers d’un questionnaire administré, chargé de mesurer le degré de satisfaction des professionnels cibles à travers 4 niveaux « tout à fait d’accord – d’accord- pas d’accord- pas du tout d’accord ». Ces questionnaires concerneront directement et systématiquement les activités prévues par la mission ou l’accueil des stagiaires.

Ces questionnaires seront conduits dès la fin de l’activité et donneront lieu à un premier retour au cours de la dernière demi-journée de travail. Les résultats seront annexés au « rapport de mission ».

B- La fonction : soutien « formation-conseil »

Le questionnaire renseignera sur le niveau de satisfaction quant à :
-    la méthode (accessible – reproductible – interactive/magistrale) ;
-    le contenu (compréhensible – clair – informatif) ;
-    l’acquisition d’outils applicables après la formation, (check lists ou grilles cliniques éléments de  traçabilité  des actions de terrain ou fiche action ;
-    le respect des objectifs de formation, (la présence effective de psy aux urgences) ;
-    le respect des délais.

...En définitive…

Cette démarche en Santé Mentale qui  redonne au patient une place sociale, avec maintien des liens familiaux situe la MAURITANIE dans une optique d’avant-garde et s’inscrit dans le cadre de l’option stratégique de lutte contre la pauvreté et le sous-développement.
Les travaux de recherche réalisés dans le cadre de l’enquête du CCOMS renforcent cette position et en démontrent la pertinence.
    
Le travail de réseau dans le cadre duquel s’engage le CNP, avec son Directeur le Docteur Ahmed OULD HAMADY,  sur le plan national et international, le dote d’un nouveau mode d’organisation.

La mobilité, élément de base de la culture Mauritanienne s’applique particulièrement aux soins de Santé Mentale, c’est un atout majeur car d’emblée les équipes sont mobiles, interviennent au domicile et s’adaptent aux situations présentées. Cette mobilité s’oppose à l’organisation des soins en EUROPE pendant des décennies ayant abouti aux grandes concentrations asilaires.

De ce fait, le CNP passe d’une organisation de service classique qui, à terme ne peut que renforcer la stigmatisation, sous la pression d’une demande sociale grandissante et incontournable, en un dispositif en réseau comprenant les lits d’hospitalisation temps plein, le centre d’accueil et de consultation en Santé Mentale, les structures intermédiaires (ateliers thérapeutiques).
 
Un tel dispositif suppose et requiert une évaluation et un effort de formation et de recherche continus afin d’anticiper le développement  de la Santé Mentale  dans les années à venir.
Des campagnes de sensibilisation et d’information en direction du grand public et la disponibilisation des psychotropes permettront de déstigmatiser les pathologies mentales, et notamment la schizophrénie, facilitant ainsi l’accès aux soins et une meilleure qualité de vie pour les usagers et leur famille.
Un large partenariat soutient ces projets et initiatives qui reflètent une ambition forte pour la Mauritanie :

Donner à la population un accès à des soins de qualité en Santé Mentale, et
œuvrer pour la destigmatisation des pathologies mentales sévères.


La formation représente un axe fondamental de ce projet pour que la Mauritanie, puisse mettre en place des acteurs de soins primaires susceptibles de dépister, orienter, accompagner les personnes en souffrance psychique. En ce sens, elle s’inscrit dans les orientations de l’OMS qui place des troubles mentaux parmi ses priorités de santé publique.

DONNEES SUPPLEMENTAIRES

Pour améliorer la qualité des services de Santé Mentale, il est nécessaire d’élaborer une politique dans ce domaine, avec un plan et un programme pour la Santé Mentale.
Les bases de cette politique reposent sur une campagne de sensibilisation, initiative relativement nouvelle qui vise à réduire la stigmatisation et la discrimination et à promouvoir les droits humains des malades mentaux.



Rappel :

En ce qui concerne l’activité, on estime à environ à 10 000 le nombre de patients suivis chaque année, dont la moitié environ de nouveaux cas, avec 600 patients hospitalisés par an pour 50 lits de psychiatrie et 30 lits de neurologie.

En 2001, la ville de Nouakchott, capitale de la République Islamique de Mauritanie, comptait déjà une polyclinique, plus de 14 cliniques privées, 40 infirmeries, 47 cabinets privés de consultation, 87 pharmacies et 37 dépôts pharmaceutiques relevant de la Direction régionale de la santé.
Par ailleurs, Nouakchott abrite les 4 centres hospitaliers nationaux (Centre Hospitalier de Nouakchott, Centre Neuropsychiatrique, Hôpital Militaire, Hôpital Cheikh Zayed (HCZ) et le Centre National d’hygiène (CNH). On décompte plus de 120 médecins (toutes spécialités confondues), plus de 20 chirurgiens-dentistes, près de 100 sages-femmes et environ 300 infirmiers.


Les résultats se mesurerons en terme de :

-moyens : nombre de professionnels formés et actifs ;
-processus : organisation formalisée et effective des interventions psy au cœur des urgences médicales ;
-résultats en termes de santé dans la région : nombre de patients et enfants dépistés, suivis.
Première mission d’évaluation de la faisabilité de l’enquête SMPG (Dr Dolores Lina Torres et Laurence Kurkdjian), permet de s’engager dans les premières phases de préparation.

Parallèlement commencent des échanges de pratiques :

- La découverte de la Psychiatrie Mauritanienne sur le terrain ;
- Le travail des antennes de la polyclinique de Nouakchott et de Kaédi, avec des consultations menées en commun avec Dr Ahmed Ould Hamady, Dr Torres et les techniciens de santé mentale, et des visites pour les malades suivis à domicile ;
- L’accueil à Marseille du Dr Ahmed Ould Hamady, pour découvrir l’organisation de soins et les pratiques dans les quartiers Nord de Marseille.
Evaluation des missions

L’évaluation de chaque objectif se fera au travers d’un questionnaire administré, chargé de mesurer le degré de satisfaction des professionnels cibles à travers 4 niveaux « tout à fait d’accord – d’accord- pas d’accord- pas du tout d’accord ». Ces questionnaires concerneront directement et systématiquement les activités prévues par la mission ou l’accueil des stagiaires.
Ces questionnaires seront conduits dès la fin de l’activité et donneront lieu à un premier retour au cours de la dernière demi-journée de travail.
Les résultats seront annexés au « rapport de mission ».


En ce qui concerne l’organisation des services de Santé Mentale, les principales recommandations de l’OMS sont les suivantes :


-Intégrer les services de Santé Mentale dans les systèmes de soins de Santé généraux ;
-Mettre en place dans les communautés des services réglementaires et des services informels
-Promouvoir la désinstitutionalisation et la concrétiser.

III-CONCLUSION

Cette démarche en Santé Mentale qui  redonne au patient une place sociale, avec maintien des liens familiaux, situe la MAURITANIE dans une optique d’avant-garde et s’inscrit dans le cadre de l’option stratégique de lutte contre la pauvreté et le sous-développement.

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre de l’enquête du CCOMS renforcent cette position et en démontrent la pertinence.
    
Le travail de réseau dans le cadre duquel s’engage le CNP, avec son Directeur le Docteur Ahmed OULD HAMADY,  sur le plan national et international, le dote d’un nouveau mode d’organisation.

La mobilité, élément de base de la culture Mauritanienne s’applique particulièrement aux soins de Santé Mentale, c’est un atout majeur car d’emblée les équipes sont mobiles, interviennent au domicile et s’adaptent aux situations présentées. Cette mobilité s’oppose à l’organisation des soins en EUROPE pendant des décennies ayant abouti aux grandes concentrations asilaires.

De ce fait, le CNP passe d’une organisation de service classique qui, à terme ne peut que renforcer la stigmatisation, sous la pression d’une demande sociale grandissante et incontournable, en un dispositif en réseau comprenant les lits d’hospitalisation temps plein, le centre d’accueil et de consultation en Santé Mentale, les structures intermédiaires (ateliers thérapeutiques).
 
Un tel dispositif suppose et requiert une évaluation et un effort de formation et de recherche continus afin d’anticiper le développement  de la Santé Mentale  dans les années à venir.
Des campagnes de sensibilisation et d’information en direction du grand public et la disponibilité des psychotropes permettront de déstigmatiser les pathologies mentales, et notamment la schizophrénie, facilitant ainsi l’accès aux soins et une meilleure qualité de vie pour les usagers et leur famille.

Un large partenariat soutient ces projets et initiatives qui reflètent une ambition forte pour la Mauritanie :

Donner à la population un accès à des soins de qualité en Santé Mentale, et
œuvrer pour la déstigmatisation des pathologies mentales sévères.

La formation représente un axe fondamental de ce projet pour que la Mauritanie, puisse très rapidement, mettre en place des acteurs de soins primaires susceptibles de dépister, orienter, accompagner les personnes en souffrance psychique. En ce sens, elle s’inscrit dans les orientations de l’OMS qui place des troubles mentaux parmi ses priorités de santé publique.

« Pour de plus amples informations concernant ce sujet, nous pouvons vous faire parvenir un dossier plus détaillé ».


Si l’expérience du premier atelier thérapeutique de NOUAKCHOTT s’avère constructif, il sera nécessaire de développer en complémentarité avec chaque antenne, ce type de structure d’accueil et de soins en journée qui s’inspirent des hôpitaux de jour, des centres d’accueil thérapeutiques à temps partiel (CATTP) et des ateliers développés en EUROPE.


Sources :
Les informations que vous trouverez dans ces dossiers proviennent des diverses études et constatations faites par les équipes chargées d’évaluer la Santé Mentale en Mauritanie sous la direction notamment du Docteur Ahmed OULD HAMADY Psychiatre, directeur du CNP de Nouakchott, du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales, du CCOM, de l’OMS et de différents intervenants internationaux,… (Images, photos et certains documents provenant  d’internet)

SISM 2018

du 12 au 25 mars

Justice et Psychiatrie

Mardi 5 Décembre 2017

Cinéma le GYPTIS

de 9h à 17h.

SISM 2017

Du Mardi 14 mars,

au Vendredi 24 mars.



Où consulter ?

 

 

 

Clicker sur la photo, diaporama: 45s